受賞者による作品紹介

『戦争』
森澤友一朗氏


本書『戦争』は実に数奇な運命を辿って、現代の読者に届けられた物語です。というのも、1932年頃に書かれたと推定されるこの草稿は、セリーヌが1944年に亡命の途につくにあたって、モンマルトルの自宅に残し置かれたまま行方のわからなくなっていた草稿群のなかの一部でした。その後の委細は訳者解題で詳述したのでここでは省きますが、二十世紀の歴史の裏面を凝縮したようなこの作家にふさわしい紆余曲折を経た後、2021年8月5日、ル・モンド紙の四面ぶち抜きのスクープ記事によってその発見の報がもたらされました。なかでも、本作はセリーヌ研究者や愛好家たちにとってもその存在すら知られていなかった作品であり、フランスで2022年に刊行された際には、古典作家としては異例の大ベストセラーに躍り出るなど話題を呼びました。
物語は第一次大戦の前線および野戦病院でのセリーヌ自身の経験をもとにしたものですが、彼の作品にしては珍しく非常にクリアな構成となっており、また分量もコンパクトな一方、彼特有の卑語・猥語で紡ぎ出される音楽性は健在で、セリーヌに初めて触れる読者にとっての一冊目としても非常に好適な作品かと思われます。なお、本書の続編としての位置づけを持つ物語が、同じく今回発見された新草稿の『ロンドン』で、こちらも近刊の予定となっています。
訳者はもともと、アカデミズムとは縁遠く、演劇の世界で生きてきた者ですが、たまたま演劇でセリーヌを扱うこととなったことを機縁に、この作家に身ぐるみ憑依されてしまい、結果、長期にわたって上演用のテキストを自身で訳し下ろしてきました。そんなわけで、このたびの翻訳も、この「世紀の発見」とまで讃えられたテキストが日本語で刊行されないままとなることへの危機感から、当初は全く出版の当てのないまま手を付けられたものでした。なかなか出版社の見つからない焦燥感のなかでの翻訳の日々は、本作における、新たな文体を模索しようとするセリーヌの熱に浮かされたような書法とも、存外つきづきしいものだったのかもしれません。
セリーヌの作品を日本語にするにあたってのまずもっての困難は、解題にも記したとおり、その彩り豊かな卑語、猥語、罵詈雑言の類がなかなか綺麗に日本語におさまってくれないという点が挙げられるでしょう。ですが、それも含めて、誰もが一読してこの作家だとわかるような特徴的な彼の文体を支える隠語や俗語は、なかなか語彙レベルでの置換作業ではうまくいくものではなく、一文一文、各々の全体的効果を細かく測定した上で、日本語としては(時枝文法に沿って詞と辞と分けるときの)辞の表現力を最大限に活用しながら訳してゆく必要がありました。どこまで原文の苛烈な音楽性を置換できたかは訳者自身としては心許ないところですが、死後60年以上が経過してもなおスキャンダラスなこの作家の新たな相貌に、ぜひこの翻訳を通じて触れていただければ嬉しく思います。

 


Guerre est un texte au destin singulier, qui parvient jusqu’aux lecteurs contemporains après un périple tortueux. Ce manuscrit, vraisemblablement rédigé vers 1932, faisait partie des feuillets que Céline avait laissés dans son appartement de Montmartre en 1944, lorsqu’il prit le chemin de l’exil, et qui furent considérés comme perdus pendant des décennies. Je ne reviendrai pas ici sur les détails de cette disparition et de sa découverte, suffisamment commentés dans la postface du présent ouvrage ; retenons seulement que, après bien des péripéties dignes d’un écrivain qui traverse tant de méandres de l’histoire du XXe siècle, la nouvelle de la réapparition de ces manuscrits fut rendue publique le 5 août 2021 dans un article spécial, publié en quatre pages, du journal Le Monde. Parmi ces textes inédits, Guerre occupait une place particulière : son existence même était ignorée des spécialistes et des amateurs de Céline. Lorsqu’il parut en France en 2022, il connut un succès retentissant, atteignant des chiffres de vente rares pour un écrivain classique.
Ce récit s’appuie sur l’expérience personnelle de Céline sur le front et dans les hôpitaux militaires pendant la Première Guerre mondiale. Contrairement à d’autres œuvres de l’auteur, il présente une structure étonnamment limpide et une grande concision. Pourtant, on y retrouve intacte la musicalité propre à son style, tissée d’argot et de grossièretés. De ce fait, Guerre constitue une porte d’entrée idéale pour les lecteurs découvrant Céline. Ce roman a, d’ailleurs, une suite directe, Londres, également tiré des manuscrits récemment retrouvés. Publié en France en 2022, il sera bientôt disponible en traduction japonaise.
Quant à moi, le traducteur, mon parcours n’a rien d’académique : venu du théâtre, j’ai été happé par Céline lorsque j’ai dû travailler sur son œuvre pour la scène. Peu à peu, cette immersion s’est transformée en une obsession qui m’a conduit à traduire, au fil des ans, plusieurs textes destinés aux représentations. C’est avec ce même élan que je me suis lancé dans la traduction de Guerre, sans perspective même de la publication, mû par la conviction que cette "découverte du siècle" méritait d’exister en japonais. L’attente angoissée d’un éditeur prêt à accueillir le texte n’a fait que renforcer une certaine affinité avec le souffle brûlant de ce manuscrit, où l’auteur lui-même semble chercher un nouveau style.
Le principal défi d’une traduction célinienne en japonais tient, comme je l’ai souligné dans la postface, à la difficulté d’intégrer harmonieusement l’incroyable richesse de son argot, de ses jurons et de ses invectives. Ces éléments, qui façonnent immédiatement l’identité stylistique de Céline, ne peuvent être simplement transposés mot à mot. Chaque phrase exige une évaluation minutieuse de son effet global, en tirant le meilleur parti des ressources expressives de la langue japonaise. Malgré tous mes efforts, je ne peux qu’espérer avoir, dans une certaine mesure, restitué la fureur musicale du texte original. Que cette traduction permette aux lecteurs de découvrir une facette inédite d’un écrivain qui continue de susciter le scandale, plus de soixante ans après sa mort.