Le Gardien des souvenirsジャンバティスト・フラマン2019年に日本で出版された小説『人生写真館の奇跡』は、柊サナカの初めて仏訳された作品です。原作が出版されたころ、柊はすでに定評のある小説家でありながら、フランスでは未知の作家でした。そのため、翻訳者である私は、「作家の文体を尊重しながら」「フランスの読者に紹介する」というふたつの課題に直面しました。この世とあの世の狭間にある写真館の描写から物語は始まります。管理人である平坂(ひらさか)は、死者の案内人として、自分の死を受け入れ、あの世へ移動する手助けをします。彼は、年齢と同じ数の人生の写真を走馬灯として死者に厳選させます。そのおかげで死者は、走馬灯を眺めながら、後悔などを忘れてあの世に行くことができるのです。人生の写真を探すときに見つかる不鮮明な写真は、長い年月で色褪せた幸福な記憶です。写真の記憶を復元させるために、平坂は死者にその記憶の日に戻って写真を取り直すチャンスを与えます。天寿を全うしたハツ江、惨殺されたヤクザの鰐口、家庭内暴力の被害者であるミツルたちを、案内人は次々と現世に連れて行き、感動と可笑しさ、そして切なさが混ざる旅をすることになります。 一見するとほろ苦い人生の断片の連続とも読めるこの小説からは、実際には叙述的な複雑さと心理的深みが徐々に現れてきます。この小説を読み、さらに訳すなかで印象的だったことは、色彩豊かなキャラクターや詩的な文体、そして静かな、あるいは、悲劇的な雰囲気でした。半世紀以上にわたる物語は、実在の場所に触発された架空の地域の移り変わりを見せています。つまり、作家は自分に身近な地域をフィクションに落とし込んだのです。原作では地名にルビがついていなかったため、読み方に悩んだ挙句、直接作家に尋ねることにしました。それにより、架空の地名は、実際の地名にちなんで作家が作ったものだと理解することができました。 翻訳で苦労した点としては、完全には直線的ではない物語の時制と、さまざまな語り手の口語の扱い方が挙げられます。また、語りを翻訳する際に生じる大きな挑戦のひとつは、ある人物の性別をすぐには明らかにしないということでした。フランス語では、中性的な言い回しを使いすぎると書き方が不自然になる傾向があるので、工夫する必要がありました。さらに、この小説では、写真に関する知識が最大限に必要でした。昔ながらのカメラやネガの現像工程を説明する箇所が珍しくなく、専門的で正確な用語が頻出します。翻訳者の倫理上、語彙も慣用表現も、フランス語で正確に等価なものを探すことが必要でした。下手をすると、写真に詳しい読者から批判を受けることがあるからです。間違いを犯さないように、プロの写真家に相談することが不可欠でした。依頼した写真家は、注意深く訳文を読み、翻訳工程にも興味を示してくれ、技術的な専門知識の提供にとどまらず、ときには文体についての適切な提案もくれました。 翻訳にあたっては、友人である税所萌葉氏から言語的な専門知識を得ました。難解な箇所や不明な点に出くわすたびに説明してくれた彼女と、多忙のなかで翻訳書の大部分を読み助言をくれた翻訳者の友人グザヴィエ・グロ氏、翻訳サンプルを親切にも添削してくれた同僚のディアーヌ・デュロシェ氏に心から感謝しています。 最後に、翻訳書を丁寧に査読してくれた査読者のローラ・ブルジョワ氏、そして、出版社のカミーユ・ジュレ氏の仕事に厚く感謝申し上げます。 |
Paru au Japon en 2019, Le Gardien des souvenirs est le premier roman de Sanaka Hiiragi traduit en français. Lorsqu’elle publie l’œuvre originale, Hiiragi est déjà une autrice confirmée, et étant jusque-là inconnue en France, le défi était double de présenter au public francophone tout en faisant honneur à sa plume. L’histoire s’ouvre sur un étrange studio photo situé dans les limbes. Hirasaka, le gardien des lieux, y accueille des défunts, qu’il accompagne dans l’acceptation de leur mort et leur cheminement vers l’au-delà. À cette fin, il leur propose de choisir des photos de leur vie – une par année d’existence – afin d’en projeter l’image dans une lanterne tournante dont le spectacle doit les aider à passer outre le souvenir de leur vie sur terre. Or, à chaque fois que les défunts compulsent l’album de leur vie, ils tombent sur un cliché à moitié effacé – celui d’un souvenir heureux, usé à force d’être ressassé. Hirasaka leur offre alors la possibilité d’un retour dans le passé le temps de revivre le moment du souvenir et de l’immortaliser sur pellicule. Le psychopompe accompagne ainsi Hatsue, une nonagénaire décédée de mort naturelle, Waniguchi, un yakuza sauvagement assassiné, et Mitsuru, victime de violences domestiques, lors d’un retour sur terre émouvant, drôle ou déchirant. Ce roman, qui se présente d’abord comme une série de tranches de vie douce-amère, révèle rapidement une complexité narrative et une profondeur psychologique captivantes. À la lecture, et plus encore à la traduction, j’ai été marqué par ses personnages hauts en couleur, son style poétique et son ambiance tantôt paisible, tantôt tragique. En s’étalant sur plus d’un demi-siècle, le récit donne à voir l’évolution d’un quartier fictif mais inspiré d’un lieu réel. De façon palpable, l’autrice a transposé dans sa fiction un quartier qui lui est cher. Il se trouve qu’en japonais, le nom de ce quartier n’était accompagné d’aucune lecture. Comme il pouvait se lire de différentes façons, j’ai tenu à demander à l’autrice laquelle elle avait souhaité lui donner. Sa préférence était justifiée par le lien que le nom fictionnel entretenait avec le toponyme réel dont elle s’était inspirée. Je me rappelle avoir passé un certain temps à réfléchir au rendu de la temporalité du récit, lequel n’est pas tout à fait linéaire, et au traitement de l’oralité des différents narrateurs. L’un des défis importants posés par la narration était de ne pas divulguer immédiatement le genre d’un personnage, ce que le japonais permet avec bien plus de naturel que le français. Il m’a ainsi fallu ruser quelque peu. Par ailleurs, l’ouvrage fait la part belle à la photographie sous toutes ses formes : que ce soit lors de la description d’appareils photos anciens ou du déroulé du développement d’une pellicule argentique, on y rencontre un grand nombre de termes techniques et précis ; la déontologie du traducteur impose alors de rechercher les équivalences exactes en français, aussi bien en termes de vocabulaire que d’expressions idiomatiques – le lectorat spécialiste nous attend toujours au tournant ! Pour cela, il m’a été indispensable d’interroger un photographe professionnel. Celui-ci est s’est intéressé de très près au texte, et peu à peu aussi à la tâche de traduction. Au-delà de son expertise technique, il m’a fait bénéficier de quelques suggestions, souvent très pertinentes, sur le style des passages que je lui soumettais. Durant la traduction, j’ai aussi bénéficié de l’expertise linguistique de Mme Saisho Moeha, une amie japonaise, qui éclairait ma lanterne chaque fois qu’un passage difficile ou une incertitude se présentait – qu’elle en soit ici remerciée, tout comme M. Xavier Gros, l’ami traducteur qui a bien voulu relire une large portion du texte sur son temps libre, ainsi que ma consœur Mme Diane Durocher, qui en avait aimablement relu l’essai. Enfin, je ne peux pas ne pas citer le travail attentif de la correctrice du texte, Mme Laura Bourgeois, et de son éditrice, Mme Camille Juré. |